Alzheimer et déclin cognitif

État des lieux

Aucun médicament anti-Alzheimer réellement novateur n’a été approuvé depuis 2003, et les médicaments actuellement autorisés sont incapables d’enrayer, et même de ralentir le cours de la maladie ou seulement sur une période limitée.

Nous n’avons même pas de traitement capable d’éviter aux personnes atteintes de troubles cognitifs subjectifs ou de troubles cognitifs légers, deux problèmes qui précèdent fréquemment la survenue d’Alzheimer, de développer la maladie d’Alzheimer dans toute son étendue.

Jusqu’à peu, on pensait que la maladie d’Alzheimer est causée par l’accumulation dans le cerveau de plaques d’une substance gluante constituée de protéines bêta-amyloïde qui détruisent les synapses. Cette protéine se forme en plusieurs étapes et on pensait qu’en intervenant dans ce processus ou en détruisant les plaques on détiendrait un moyen de lutter. 

Certaines substances testées (en général des anticorps) permettent bien de supprimer les plaques et d’autres, qui bloquent l’enzyme nécessaire à la fabrication de la protéine, atteignent également leur but. Mais les patients ne vont pas mieux, voire même leur état se détériore. On croyait que cibler la protéine bêta-amyloïde était le meilleur moyen de soigner la maladie. On se trompait.

C’est en vertu de cette thèse que l’on traite les malades d’Alzheimer avec du Donépézil (Aricept® et génériques) et/ou de la Mémantine (Ebixa® et génériques). Il existe d’autres produits prescrits contre la maladie d’Alzheimer, notamment la Rivastigmine (Exelon®), la Galantamine (Razadyne®) et l’Huperzine A (en vente libre).

Le plus ennuyeux, c’est que ces médicaments ne s’attaquent pas aux causes de la maladie d’Alzheimer ni n’entravent sa progression — sans compter qu’ils échouent totalement à la guérir.

Ce qu’est réellement la maladie d’Alzheimer

La production de plaques amyloïdes

Le cerveau d’un patient atteint de la maladie présente des plaques et enchevêtrements qui sont absents d’un cerveau sain, et constituées en grande partie de protéines bêta-amyloïdes agrégées.

L’idée d’identifier la cause de la production de la protéine bêta-amyloïde, de supprimer cette cause, puis d’éliminer la protéine bêta-amyloïde elle-même, n’a pas été testée.

La protéine précurseur de l’amyloïde (APP) se compose de 695 acides aminés. Une fois l’APP produite par les neurones, elle est coupée par des «ciseaux moléculaires» appelés protéases.

Selon la façon dont l’APP est clivée, les fragments qui en résultent vont soit soutenir les processus cellulaires associés à la formation et à la conservation de la mémoire, et notamment le maintien des synapses, soit les détruire. 

Or, il s’avère que la façon dont l’APP est clivée — en trois sites où en un seul — est déterminée, entre autres, par l’identité de la molécule qui se lie à elle.

  • Si l’APP se saisit d’une molécule appelée nétrine-1, elle n’est clivée qu’en un seul site et produit donc les sAPPα et αCTF anti-Alzheimer. Elle envoie dans le neurone un signal qui maintient ce dernier fonctionnel et en bonne santé.

  • Si, au contraire, l’APP se saisit d’une molécule de bêta-amyloïde, elle est clivée en trois sites et produit donc le quatuor de molécules qui cause la maladie d’Alzheimer (quatuor qui inclut pour rappel la bêta-amyloïde). Autrement dit, lorsque la bêta-amyloïde provenant du clivage de l’APP se lie à l’APP, elle pousse cette dernière à produire davantage de... bêta-amyloïde ! De plus, dans ce cas, elle émet un signal totalement différent, intimant au neurone l’ordre de se suicider. Les molécules de bêta-amyloïde commencent alors à surpasser en nombre les molécules de nétrine-1. Le récepteur APP est donc de moins en moins susceptible de capturer des molécules de nétrine-1 — mais de plus en plus susceptible de capturer de la bêta-amyloïde. L’APP cesse d’envoyer dans le neurone des signaux signifiant « Reste en vie et en bonne santé ! », ce qui finit par causer la mort programmée du neurone et des synapses qu’il avait formées.

La destruction des synapses

Quand nous sommes jeunes, les deux processus — construction/maintenance des synapses d’une part, démantèlement d’autre part — sont en équilibre dynamique, nous conservons les informations nécessaires et nous nous débarrassons du reste.

Mais à mesure que nous vieillissons, les éléments nécessaires à la croissance et à la maintenance synaptiques (hormones, nutriments, etc.) se raréfient. Les récepteurs qui les détectent informent l’APP de cet état de fait. Le quatuor d’instructions est émis — et l’immense réseau synaptique du cerveau ne peut plus être maintenu. Le temps est venu de «réduire les effectifs».

Cela peut sembler être un développement catastrophique — qui se réjouirait de perdre des neurones et des synapses ? – mais en réalité, cette «réduction des effectifs» n’est pas pathologique en soi. Le cerveau, dans un souci de protection, ne conserve plus que les fonctions dont il a besoin pour rester en vie, et ne dépense ni énergie, ni aucune autre ressource pour la formation de souvenirs dont il n’a pas besoin. Face au choix suivant : se souvenir de la façon donc fonctionne la parole (ou la respiration, ou la régulation de votre température corporelle), ou se souvenir de ce qui s’est passé dans les épisodes de Friends que vous avez regardés hier soir, votre cerveau choisit la première option. Et par extension, nos capacités les plus chères, celles que nous répétons le plus souvent — nos compétences au travail ou dans nos loisirs préférés — sont souvent épargnés au détriment de nouveaux souvenirs.

Les contributeurs au développement de l’amyloïde

Le docteur Bredesen a identifié 36 contributeurs différents qui favorisent le développement de l’amyloïde. Il les représente de façon imagée comme 36 trous dans une toiture. A partir du moment où vous en avez assez réparé, les « trous » restants ne sont plus assez graves pour laisser la pluie inonder votre maison et une amélioration manifeste de votre santé est possible.

La mauvaise nouvelle, c’est que cette découverte qu’il existe au moins trente-six facteurs déterminants pour la maladie d’Alzheimer a une implication évidente : aucun médicament ne peut suffire à faire fonctionner le cerveau de façon saine, et encore moins à le ramener à un tel fonctionnement une fois qu’il a commencé à suivre la pente glissante de l’Alzheimer. 

La bonne nouvelle c’est qu’en déterminant, pour un patient donné, quels sont les contributeurs majeurs, on peut adapter l’approche thérapeutique en fonction de ses besoins.

Symptômes généraux

  • Incapacité à reconnaître les visages (prosopagnosie)

  • Diminution de l’acuité mentale (surtout à partir du milieu de l’après-midi)

  • Diminution de l’intérêt pour la lecture, incapacité à suivre ou à prendre part à des conversations complexes, ainsi qu’à suivre des films avec des intrigues compliquées

  • Capacité décroissante à se souvenir de ce que l’on a lu ou entendu

  • Perte du vocabulaire

  • Confusion de mots

  • Ralentissement généralisé

  • Anxiété croissante à l’idée de prendre sa voiture, et peur de ne pas retrouver son chemin

  • Difficulté à se souvenir des choses à faire et des rendez-vous. Sensation fréquente d’être «dépassé» par ce qu’il y a à faire

  • Sommeil perturbé

  • Absence d’action coup de fouet de la caféine sur l’esprit

  • Difficultés à parler les langues étrangères que l’on maîtrisait autrefois

Il faut généralement de nombreuses années, parfois une décennie ou deux, pour que des symptômes comme ceux-ci deviennent suffisamment sévères pour donner lieu au diagnostic de maladie d’Alzheimer. 

 

Cas particulier des porteurs du gène ApoE4

La maladie d’Alzheimer survient lorsque les récepteurs à dépendance en quête de molécules bénéfiques aux neurones et aux synapses en trouvent moins qu’elles ne le devraient idéalement, et signalent ce manque à l’APP, qui réagit en émettant le quatuor de molécules destructrices de synapses et de neurones. Or, il s’avère que l’ApoE4 augmente la fréquence à laquelle l’APP envoie ce fameux quatuor, plutôt que le duo.

Pour rappel, la bêta-amyloïde entre dans un cercle vicieux (boucle prionique) : plus il y en a dans le cerveau (c’est-à-dire moins elle est évacuée), plus l’APP produira en grande quantité le quatuor dévastateur (qui inclut la bêta-amyloïde)

Les personnes homozygotes pour l’allèle ApoE4, portent deux copies de ce variant génétique. Cela représente le facteur de risque génétique le plus important pour Alzheimer, et multiplie par dix son risque de développer cette maladie. 

 

Trois formes différentes de maladie d’Alzheimer. 

Vous l’avez compris, ce que l’on considère comme étant la maladie d’Alzheimer est en fait une réaction protectrice. Mais dans ce cas, le programme devient fou.

Pourquoi l’évolution nous aurait-elle dotés d’un cerveau fonctionnant ainsi ? Parce que dans la plupart des cas, cette réponse aux menaces extérieures réussit : le cerveau les repousse et continue à fonctionner correctement. C’est en cas de menaces chroniques, multiples, continuelles et intenses que la situation devient problématique. Alors, les défenses que le cerveau met en œuvre deviennent également chroniques, multiples, continuelles et intenses, et ce, à un point tel que de protectrices, elles deviennent dommageables.

Cela signifie que pour inverser le déclin cognitif, il est tout d’abord nécessaire de supprimer les facteurs qui amènent le cerveau à se défendre en produisant la réponse amyloïde, originellement protectrice. Ensuite, il convient de supprimer la bêta-amyloïde déjà produite. Et enfin, il faut reconstruire les synapses qui ont été détruites par la maladie.

Quelles sont donc ces attaques contre lesquelles le cerveau tente de se protéger ?  

Les études ont mis en évidence trois processus distincts. Deux de ces processus sont intimement liés à notre régime alimentaire, notre niveau d’activité physique, nos gènes, mais aussi à notre exposition au stress et à la façon dont nous le gérons.

Processus 1 : l’inflammation

L’inflammation est la réponse de notre corps à une attaque, qu’elle soit due à des agents infectieux ou à des stress non infectieux. Les agents infectieux, tels que les virus et bactéries, sont souvent rapidement identifiés et traités parce qu’ils interviennent de façon ponctuelle et vous rendent malade. Néanmoins certains peuvent agir de façon récurrente et surtout insidieuse. C’est le cas des infections dues à lésions des gencives par exemple. 

Les stress non infectieux sont beaucoup plus sournois. Ils déclenchent une réponse inflammatoire en continue car la menace est chronique. C’est le cas en particulier d’un modèle alimentaire défaillant. Sont particulièrement visés ici le gluten, les produits laitiers et le sucre. Mais on peut également citer les produits de glycation avancés qui résultent de modes de cuisson inappropriés. Certains de ces produits engendrent de l’hyperperméabilité intestinale c’est-à-dire des trous microscopiques qui apparaissent alors dans la paroi intestinale, ce qui permet à des molécules d’origine alimentaire ou bactérienne de passer dans le sang. Le système immunitaire détecte ces molécules, les prend pour des « envahisseurs » extérieurs et les attaque, déclenchant une inflammation.

 

Il est donc primordial d’optimiser votre modèle alimentaire pour limiter ces processus inflammatoires. Précisons ici que le surpoids est en lui-même un pourvoyeur d’inflammation.

 

Processus 2 : l’atrophie due aux carences en nutriments et en autres molécules bénéfiques pour les synapses

L’atrophie résulte d’une carence en nutriments, en hormones ou en molécules indispensables au fonctionnement du cerveau.

Éliminer l’inflammation supprime une menace et protège le cerveau. Mais il est également nécessaire de stimuler le cerveau lui-même, car plus vous renforcez vos synapses, plus il est difficile pour les plaques amyloïdes de s’y développer et de les détruire. 

Deux hypothèses principales émergent : 

  • La première consiste à se cultiver et à rester intellectuellement actif tout au long de sa vie ce qui confère peut-être suffisamment de synapses redondantes pour supporter sans dommage d’en perdre certaines. 

  • La deuxième a pour objectif de combatte les protéines bêta-amyloïdes et de les éliminer pour les empêcher de détruire les synapses. Pour cela il convient de renforcer par un mécanisme biochimique les synapses pour qu’elles résistent à l’agression.

Parmi les composés qui renforcent les synapses, on compte :

  • Le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (ou BDNF) qui peut être accru par l’exercice physique,

  • Des hormones telles que l’œstradiol et la testostérone dont les taux peuvent être optimisés grâce à la prise de médicaments ou de compléments alimentaires,

  • Des nutriments comme la vitamine D et les folates.

Il est intéressant de noter que lorsque le cerveau est à court de composés stimulant les synapses et les neurones (comme le BDNF), il réagit en produisant — je vous le donne en mille — des protéines bêta-amyloïdes.

Il est donc primordial de lutter contre les carences en molécules essentielles. Il est nécessaire de les mesurer et de les prendre toutes en compte si vous voulez maximiser vos chances d’inverser le déclin cognitif. 

 

Processus 3 : l’exposition à des toxiques

Lorsque le cerveau est infiltré par des métaux toxiques tels que le cuivre, le mercure, ou par des toxines comme les mycotoxines produites par les moisissures, la bêta-amyloïde les empêche d’endommager les neurones en se liant avec ces toxiques. On voit là encore son rôle protecteur. Mais comme évoqué précédemment, si l’exposition est chronique, la bêta-amyloïde devient surnuméraire.

Il convient donc d’identifier l’exposition toxique, d’éliminer la ou les source(s) d’intoxication, puis de mettre en place un protocole de désintoxication. Ce dernier pourra faire appel, entre autres, à des aliments détoxifiants, à l’hydratation à l’eau pure, à l’élimination par des techniques comme le sauna, et à l’augmentation des taux de certaines molécules essentielles. De cette façon, le cerveau n’a plus de raison de produire de la protéine bêta-amyloïde.

 

Que faire pour prévenir ou inverser le déclin cognitif ?

État des lieux de la situation : anamnèse approfondie et tests

Si vous souhaitez prévenir le déclin cognitif ou l’inverser, il est nécessaire de déterminer précisément votre statut en termes de vulnérabilité aux trois agressions possibles que sont : l’inflammation, un taux insuffisant en nutriments cérébraux et l’intoxication. 

 

De nombreux marqueurs sanguins devront être mesurés. 

Parmi eux on retrouve les incontournables tels que le bilan lipidique (cholestérol, triglycérides…), le métabolisme des glucides (insuline, glycémie à jeun, hémoglobine glyquée…), mais aussi votre statut en vitamines, en hormones et surtout votre niveau d’inflammation. 

D’autres évaluations relatives aux métaux ou aux allergies pourront également être nécessaires. 

Si les tests de laboratoire sont essentiels pour identifier les facteurs génétiques et biochimiques susceptibles de contribuer au déclin cognitif, les antécédents et certains modes de vie peuvent également fournir des indices décisifs sur la ou les cause(s) de ce déclin. C’est pourquoi il est nécessaire d’inclure dans l’approche une anamnèse approfondie permettant d’identifier des éléments tels qu’un traumatisme crânien ; une anesthésie générale ; des amalgames dentaires ; des implants chirurgicaux ; la prise de certains médicaments ; la consommation de drogues, d’alcool, de cigarettes ; une consommation excessive de poisson chargé en mercure, d’aliments industriels ; la présence de moisissures dans votre environnement ; l’utilisation de produits de d’hygiène et bien d’autres encore. 

 

Mise en place d’actions correctrices

Pour chaque anomalie identifiée, il est nécessaire de mettre en place des actions correctrices afin de s’attaquer non pas aux symptômes mais à la cause du problème ciblé.

L’objectif est de traiter autant d’anomalies que possible, pas juste une ou deux. Plus l’on parvient à réparer de « trous dans le toit » parmi les trente-six possibles, plus il y a de chances d’éviter ou d’inverser le déclin cognitif : cette stratégie est donc beaucoup plus efficace qu’une monothérapie. Une fois qu’un nombre suffisant d’éléments composant le réseau ont été optimisés, le processus de dégénérescence peut être stoppé ou inversé.

L’approche est évolutive. Elle se décompose en différentes phases, et vous l’adaptez à vos besoins pour l’optimiser, en fonctions des résultats de vos examens.

Les médicaments n’y occupent pas une place centrale ! Il est plus important de se focaliser sur l’hygiène de vie. La prise de compléments alimentaires peut cependant être recommandée.

Sachez que plus tôt vous commencez à mettre en place des actions correctrices, plus grandes sont les chances d’inversion complète. Le programme peut même être bénéfique à titre préventif.

 

La solution idéale est d’associer un modèle alimentaire pauvre en glucides, une activité physique modérée, un sommeil de qualité et des techniques de réduction du stress.

 

Adopter un modèle alimentaire adéquat

  • Consommer une grande majorité d’aliments possédant un index glycémique inférieur à 35.

  • Remplacer les jus de fruits par les fruits entiers. 

  • Éviter le « Triangle des Berfoods » : il s’agit des glucides (céréales raffinées, produits à base de pommes de terre, sucre...), des graisses saturées, et du manque de fibres (solubles ou non). Exemple typique : cheeseburger / frites / soda. 

  • Éviter le gluten et les produits laitiers autant que possible. Ne vous ruez pas pour autant sur les produits du rayon sans gluten de votre hypermarché. L’idée n’est pas de remplacer l’hyperperméabilité intestinale par le diabète ! 

  • Réduisez les substances toxiques en consommant des végétaux détoxifiants. 

  • Mettez au menu des aliments riches en bonnes graisses (avocats, fruits à coque, oléagineux…) et des bonnes huiles (olive, coco…). 

  • Évitez les aliments transformés au profit des aliments bruts (que vous cuisinez vous-même). Pour les distinguer, il existe une règle simple : un aliment doté d’une liste de plus de cinq ingrédients est un aliment transformé.

  • Si vous consommez des poissons gras, évitez les gros poissons.

  • Considérez la viande comme un accompagnement et non comme le cœur du repas. Veillez à la qualité : poulet ou bœuf nourris à l’herbe, œufs de poules élevées en liberté.

  • Pensez probiotiques et prébiotiques, après avoir guéri votre intestin. 

  • Penser aux enzymes digestives si nécessaire. 

  • Optimisez vos apports nutritifs et protégez vos fonctions cognitives à l’aide de compléments alimentaires. 

  • Pensez aux plantes médicinales agissant favorablement sur les synapses : Ashwagandha (ou ginseng indien), Bacopa monnieri, Rhodiola…

  • Évitez les cuissons trop agressives.

  • Faites-en sorte de jeûner au moins douze heures entre votre dernier repas du soir et le premier du lendemain

 

Mettre en place une activité physique régulière

  • L’exercice réduit la résistance à l’insuline, qui joue un rôle clé dans la maladie d’Alzheimer

  • Il accroît la production de la molécule BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau) bénéfique aux neurones.

  • Il augmente la taille de l’hippocampe, une région cérébrale essentielle pour la mémoire (et qui rétrécit dans la maladie d’Alzheimer).

  • Il améliore la fonction vasculaire, cruciale pour la santé neuronale et synaptique.

  • Il réduit le stress, un facteur clé de l’inflammation favorisant la maladie d’Alzheimer.

  • Il améliore le sommeil, un autre élément nécessaire pour la santé cognitive.

  • Il augmente la capacité de survie des nouveaux neurones créés.

  • Il améliore l’humeur.

L’idéal est de combiner des activités « cardio » comme le jogging, la marche, le patinage ou la danse, avec des exercices de musculation, de préférence quatre ou cinq jours par semaine minimum, pendant 45 à 60 minutes chaque jour.

 

Bien dormir

  • Vérifier si vous faites des apnées du sommeil.

  • Essayez d’approcher autant que possible les huit heures de sommeil par nuit sans utiliser de somnifères.

  • Veillez à la qualité de votre sommeil : Chambre obscure, environnement silencieux. 

  • Détendez-vous avant d’aller vous coucher.

  • Allez vous coucher avant minuit.

  • Évitez l’activité physique avant le coucher. Faites plutôt du sport en début de journée. 

  • La nuit, évitez la lumière bleue.

  • Évitez les stimulants comme la caféine après le début de l’après-midi. 

  • N’ayez pas de téléviseur dans votre chambre. 

  • Évitez les aliments lourds au souper. 

  • Ne buvez pas trop le soir pour éviter le besoin d’aller aux toilettes.

Lutter contre le stress

Parmi les facteurs de stress, citons l’alimentation surchargée en sucre, les longues soirées baignées de lumière artificielle, l’angoisse permanente concernant le travail, le sommeil et l’alimentation de mauvaise qualité, l’exposition à des centaines de substance chimiques toxiques. Le stress augmente le taux de cortisol qui, lorsqu’il est trop élevé, devient toxique pour le cerveau, et tout particulièrement pour l’hippocampe qui œuvre à consolider notre mémoire et se trouve être l’une des premières structures attaquées par la maladie d’Alzheimer. 

Pour beaucoup de gens, la méditation et le yoga sont très efficaces, à la fois pour réduire le stress, faire baisser le taux de cortisol, protéger l’hypophyse de l’atrophie et augmenter l’épaisseur du cortex cérébral. Mais la méthode la plus simple de réduction du stress — qui, pourtant, est rarement utilisée — consiste à faire lentement quelques respirations profondes par le ventre(et non par la poitrine).

D’autre part, si vous vous sentez survolté après avoir pratiqué une activité sportive, faites-en moins. Si vous êtes accro à la caféine, réduisez votre consommation. Cela vaut également pour l’alcool.

 

Entrainer son cerveau

Un programme de formation ciblant la vitesse de traitement du cerveau appelé BrainHQ (http://dynamicbrain-fr.brainhq.com/) a permis de réduire le risque de démence de près de 50% jusqu’à dix ans plus tard, une efficacité bien supérieure à celle de n’importe quel médicament.

Il suffit de s’entraîner 10 à 20 minutes par jour cinq jours par semaine pour constater des améliorations cognitives.

Ces programmes sont conçus pour vous stimuler sans cesse : dès que vous commencez à être à l’aise, ils augmentent leur niveau de difficulté. Et si cela vous stresse trop, passez-y simplement moins de temps.

 

Lutter contre l’inflammation

La résolution de l’inflammation est indispensable à l’inversion du déclin cognitif. 

  • En consommant des substances anti-inflammatoires comme les oméga-3 et la curcumine. Il existe de nombreuses autres substances anti-inflammatoires, parmi lesquelles le gingembre, la cannelle, le clou de girofle, le thym, ainsi que des aliments anti-inflammatoires comme les légumes à feuilles vertes, les betteraves et le brocoli.

  • En supprimant toutes les sources d’inflammation.

Il peut y avoir plus d’une source d’inflammation dans votre vie : une hyperperméabilité intestinale, une alimentation riche en glucides simples ou en graisses trans, des infections chroniques — par exemple la maladie de Lyme, des virus – par exemple Herpès simplex, ou des moisissures comme Aspergillus ou Penicillium, une mauvaise hygiène buccale

Si vos marqueurs d’inflammation restent élevés après élimination de ces contributeurs potentiels, il sera nécessaire de faire des analyses plus complètes.

 

Soigner ses intestins et son microbiote

L’hyperperméabilité intestinale étant très répandue, guérir son intestin est essentiel.

Retenez que les agresseurs potentiels sont : le sucre, le gluten, les produits laitiers, les aliments transformés (sodas, édulcorants artificiels, conservateurs, colorants, liants, etc.), les aliments auxquels vous êtes intolérant ou allergique.

Pensez également aux agresseurs moins visibles : herbicides (par exemple le glyphosate), pesticides, aliments contenant des OGM, antibiotiques — ingérés sous forme de médicaments ou au travers d’aliments d’origine animale provenant d’élevages industriels,

et donc privilégiez le bio.

L’alcool et les médicaments anti-inflammatoires, notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène ou l’aspirine, et les anti-inflammatoires stéroïdiens (cortisone) sont également néfastes pour votre intestin. 

 

Restaurer le microbiote nasal

Une fois votre intestin guéri et votre microbiote intestinal restauré, il sera temps d’en aborder un autre, potentiellement encore plus important en ce qui concerne le déclin cognitif : le microbiote nasal et sinusal (du nez et des sinus). Comme les cocaïnomanes le savent bien, le moyen le plus rapide d’atteindre le cerveau est le nez, et les microbes l’ont également compris. Ceci est particulièrement vrai si vous êtes en contact avec des moisissures.

 

Rééquilibrer ses hormones

Rétablir des taux optimaux d’hormones est l’un des moyens les plus efficaces et essentiels du protocole bien que ce soit aussi l’un des plus controversés et des plus ardus. Il concerne la thyroïde, les niveaux d’oestradiol et de progestérone (pour les femmes), la testostérone (qui ne concerne pas que les hommes) et les hormones surrénaliennes. 

Ce point sera à évoquer avec votre médecin qui s’il est compétent se basera sur la clinique c’est à dire les symptômes et non les dosages sanguins.

 

Réguler les métaux

Il ne fait aucun doute que l’APP réagit à des métaux tels que le fer, le cuivre ou le zinc.

  • Si votre taux de mercure (en particulier inorganique) est élevé, il faut faire enlever vos amalgames ou « plombages » par un dentiste qui a l’habitude de ce type d’intervention. 

  • Si votre rapport cuivre/zinc est déséquilibré, il faudra le rétablir

Le fait de remédier à une carence en zinc et à une surcharge en cuivre entraîne une amélioration cognitive. Ne vous avisez pas de vous supplémenter sans le conseil d’un professionnel.

 

Se débarrasser des substances toxiques

Après avoir listé vos antécédents (anesthésie, moisissure, mercure, piqure de tique, consommation de médicaments, d’aliments transformés...), il est souhaitable de supprimer les sources pathogènes et de mettre en place des méthodes de nettoyage et de détoxification.

 

En conclusion

  • Plus vous commencez tôt, meilleures sont vos chances d’inverser totalement la maladie et de vous protéger. Idéalement, il faudrait adopter cette hygiène de vie comme mesure de prévention. Il n’est pas nécessaire de démarrer le programme d’un bloc : vous pouvez l’aborder en plusieurs étapes. Le principal est que vous adoptiez autant de composantes que possible dans un délai de trois à six mois.

  • Suivez sérieusement votre protocole pendant au moins six mois. Le suivre en dilettante, en piochant ici et là quand vous en avez envie, risque fort de ne pas donner les résultats escomptés. 

  • Faites-vous aider par un professionnel pour identifier ce qui ne va pas — ne traitez pas à l’aveuglette. Le plus important est de commencer par faire un bilan complet, pour identifier les causes de votre déclin cognitif et donc les points forts de votre protocole.

  • Pour améliorer votre état, il faut ajuster le protocole en permanence selon les résultats d’analyse et les réponses du patient. Il est utile, tous les quatre à six mois, de faire de nouvelles analyses en laboratoire pour voir si certaines des valeurs contrôlées ne seraient pas sorties des fourchettes optimales, ainsi que de refaire un bilan cognitif pour avoir des données concrètes sur votre état.

  • Ne laissez pas le « mieux » être l’ennemi du « bien ». Ne vous découragez pas si vous n’atteignez pas immédiatement les objectifs : le fait d’aller dans la bonne direction au niveau métabolique vous fera aller également dans la bonne direction au niveau cognitif.

  • N’arrêtez pas un traitement brutalement.

  • N’abandonnez pas le programme. Les personnes qui abandonnent le protocole recommencent à décliner au bout de deux semaines seulement. Il est indispensable de suivre fidèlement le protocole et de l’ajuster au fil des mois et des années pour en tirer le plus de bénéfices possibles.

Cet article a été rédigé sur la base du livre de Dale Bredesen « La fin d'Alzheimer »